Article mis à jour le 13 septembre 2026 : nouveaux chiffres Dares 2025 (61,7 % d’emploi des 55-64 ans), date d’entrée en vigueur du malus seniors (1er janvier 2027) et intégration de l’enjeu de l’IA dans le tri des candidatures.
💡 L’essentiel sur l’emploi des seniors (Rentrée 2026) :
• Le constat chiffré : En France, le taux d’emploi des 55-64 ans s’établit à 61,7 % (Dares, juillet 2026), avec un effondrement marqué après 60 ans. L’âge demeure le premier critère de discrimination au travail perçu par les candidats (Défenseur des droits).
• Le cadre légal : L’article L. 1132-1 du Code du travail interdit toute discrimination fondée sur l’âge. L’entretien de mi-carrière à 45 ans (art. L. 6315-1) et les négociations GEPP constituent les obligations centrales pour anticiper la seconde partie de carrière.
• Les leviers prioritaires : Recrutement par compétences (plutôt que par le CV), aménagement des fins de carrière (retraite progressive accessible dès 60 ans), transmission des savoirs et recours au management de transition.
L’emploi des seniors n’a jamais eu autant d’outils pour décoller. Une loi dédiée depuis octobre 2025. La retraite progressive ouverte dès 60 ans. Un nouveau contrat taillé pour les plus de 60 ans. Et depuis 2026, un malus financier qui menace les entreprises qui ne bougent pas. Pourtant, le CV d’un candidat de 56 ans finit toujours au fond de la pile.
Le problème n’est plus le cadre légal. C’est le réflexe.
Tu connais déjà le chiffre qui résume tout : 61,7 % des 55-64 ans occupent un emploi en 2025, un niveau jamais atteint depuis 1975 (Dares, juillet 2026). Mais derrière la moyenne se cache une falaise. À 59 ans, tu travailles. À 61, tu as disparu des effectifs. Cet article ne te raconte pas ce que dit la loi. Il te donne les actions à lancer cette semaine pour recruter et garder des seniors, malgré les biais qui résistent aux textes.
Emploi des seniors en 2026 : la falaise à 60 ans et le chiffre qui dérange
La rupture du marché du travail se lit en deux chiffres :
- 77,8 % des 55-59 ans sont en emploi en 2024.
- La ligne bouge vite : le taux d’emploi des 60-64 ans grimpe à 45,8 % au deuxième trimestre 2026, contre 42,4 % en moyenne 2024 (Insee, 2026). La réforme des retraites de 2023 pousse mécaniquement ce chiffre vers le haut.
Trente-cinq points qui s’évaporent en seulement cinq ans d’âge.
C’est en se comparant à nos voisins européens que le constat devient criant. Sur la tranche 55-59 ans, la France surperforme la moyenne européenne (77,8 % contre 76,8 % dans l’Union européenne). Mais sur les 60-64 ans, la France décroche violemment : 42,4 % chez nous contre 53,1 % dans l’UE. Dix points d’écart.
(données 2024 ; l’écart avec l’UE se maintient en 2025).
Le problème français n’est donc pas « les seniors » dans leur ensemble, mais spécifiquement la bascule des 60 ans.
Une question de demande de travail (et donc d’entreprises)
Une partie de cette chute s’explique par les départs en retraite : à 60 ans, une personne sur huit est déjà partie, contre trois sur quatre à 64 ans (Dares, 2024). Mais la démographie n’explique pas tout. Ce n’est pas la démographie qui creuse ce trou, c’est la demande de travail — autrement dit, les entreprises.
Bonne nouvelle, la ligne bouge. En 2025, le taux d’emploi des 60-64 ans progresse encore de 2,0 points sur l’année, après une accélération de 3,4 points en 2024 sous l’effet de la réforme des retraites de 2023 (Insee, 2026). Le gouvernement vise 65 % d’emploi des 55-64 ans d’ici 2030. Pour y arriver, il faudra que les recruteurs changent de réflexe avant que la loi ne les y oblige.
Le piège du chômage de longue durée
Le chômage des seniors le confirme : il reste bas (5,2 % chez les 55-64 ans en 2024, Dares), mais il dure. En 2025, 39,1 % des chômeurs de 50 ans et plus le sont depuis au moins un an (Insee, 2025).
Le constat est sans appel : le senior ne perd pas souvent son emploi. Quand il le perd, il ne le retrouve pas.
Pour comprendre comment casser ces représentations et agir sur le terrain, l’échange dans le podcast avec Maxime Bontemps sur l’emploi des seniors donne la feuille de route pour passer enfin du discours à l’action contre l’âgisme.
Pourquoi l’âgisme au recrutement et en entreprise résiste aux lois
Malgré l’article L. 1132-1 du Code du travail qui punit la discrimination par l’âge, l’âgisme reste le premier motif de discrimination ressenti lors de la recherche d’emploi (baromètre du Défenseur des droits). En cause : quatre biais inconscients ancrés dans les pratiques de recrutement.
Le biais d’âge n°1 : le candidat senior « trop cher »
La rémunération moyenne d’un 55-64 ans dépasse celle d’un 25-54 ans de 17 % en France, contre 11 % en Allemagne (OCDE). Le recruteur traduit « expérimenté » par « coûteux ». Sauf qu’il compare un salaire d’entrée à un salaire de fin de carrière, pas à profil égal. Le calcul est faux. Le réflexe reste.
Le biais n°2 : le « surqualifié »
Un candidat senior pour un poste opérationnel déclenche une alarme : il va s’ennuyer, partir, contester le jeune manager. Tu projettes une démission avant même l’entretien. Ce n’est pas une donnée, c’est une peur.
Le biais n°3 : le biais de l’annonce
« Jeune équipe dynamique », « digital native », « 2 à 5 ans d’expérience ». Ces formules filtrent par l’âge sans le dire. L’offre d’emploi est la première barrière, et c’est la plus facile à démonter (découvre nos conseils dans notre article sur la rédaction des offres d’emploi).
Le biais n°4 : le « réflexe pile »
75 % des DRH interrogés disent privilégier les profils les plus jeunes dans leurs recrutements (enquête citée par Helloworkplace, 2024 — chiffre déclaratif, à manier comme un signal et non comme une preuve). Le tri se fait souvent en quelques secondes, sur la date de naissance, avant la lecture des compétences.
Recruter des candidats seniors sans filtre d’âge : la méthode
Le recrutement des seniors ne se décrète pas, il s’outille.
Voici 5 leviers très concrets à activer tout de suite dans tes processus RH.
1. Réécris tes annonces et affiche ton engagement
Supprime les marqueurs d’âge implicites : remplace « jeune équipe » par « équipe », et supprime les plafonds d’expérience du type « 2 à 5 ans maximum ».
Pour aller plus loin, intègre une mention explicite d’ouverture aux profils expérimentés (par exemple en rejoignant la charte nationale « Les entreprises s’engagent pour les plus de 50 ans »). Affiche également une fourchette salariale claire : cela lève immédiatement la peur du candidat d’être écarté parce qu’il serait jugé « trop cher ».
Sur la refonte de tes annonces et ce qui fait fuir les candidats aujourd’hui, lis notre article dédié aux offres d’emploi en 2026.
2. Recrute aux compétences et utilise la MRS (France Travail)
Le CV chronologique trahit l’âge dès la première ligne. Pour tester les candidats sur ce qu’ils savent faire plutôt que sur leur date de naissance, déploie la Méthode de Recrutement par Simulation (MRS) proposée gratuitement par France Travail. Elle supprime l’étape du CV pour évaluer les candidats uniquement via des mises en situation et des exercices d’habileté professionnelle.
Pour tes recrutements internes, privilégie les tests de compétences et les cas pratiques anonymisés lors de la première phase de sélection.
Attention aussi aux outils d’IA de présélection : un algorithme entraîné sur tes recrutements passés peut reproduire le biais d’âge à grande échelle. Sur le cadre à respecter, lis notre guide sur l’AI Act et le recrutement.
Sur la mécanique du tri et du recrutement circulaire, écoute l’épisode avecJuliette Jarry sur le recrutement circulaire avec Huggy.
Pour aller plus loin sur l’évaluation par compétences, écoute cet épisode avec Maud Sarfati.
3. Instaure le co-recrutement en binôme intergénérationnel
La majorité des discriminations involontaires se produisent dans le tête-à-tête entre le candidat et le manager. Pour casser le « réflexe pile » et la peur du manager junior face à un profil plus expérimenté que lui, mène les entretiens en binôme.
Associe le manager direct à un évaluateur neutre (un RH ou un collaborateur senior d’un autre service). Ce double regard force à objectiver la grille d’évaluation et limite les biais de projection.
4. Active le CVE quand il colle
Le contrat de valorisation de l’expérience (CVE), parfois appelé CDI senior, cible les demandeurs d’emploi de 60 ans et plus (57 ans avec accord de branche), inscrits à France Travail, sans retraite à taux plein. C’est un CDI classique, mais l’employeur conserve la possibilité légale de mettre le salarié à la retraite dès qu’il atteint le taux plein.
À la clé : une exonération de la contribution patronale de 40 % sur l’indemnité de mise à la retraite, jusqu’au 31 décembre 2028 (source : Service-Public Entreprendre). Le CVE remplace le CDD senior, définitivement supprimé fin décembre 2025.
Une nuance de conformité : cette expérimentation nationale court jusqu’au 24 octobre 2030 et plusieurs modalités d’application dépendent de décrets. Vérifie systématiquement leur parution avant de bâtir tout un canal de sourcing dessus.
5. Forme tes managers au biais d’âge
La meilleure annonce ne sert à rien si le manager filtre au premier échange. Organise une session courte de sensibilisation axée sur les cas pratiques : déconstruis le préjugé du candidat « surqualifié » (qui apporte en réalité une autonomie immédiate) et prépare les managers à réussir l’onboarding de collaborateurs plus âgés qu’eux.
Fidélisation et aménagement de fin de carrière : accompagner les seniors en poste
Recruter est la moitié du sujet. Maintenir l’engagement, la santé et l’employabilité des salariés expérimentés en est l’autre versant. La réglementation t’offre désormais des leviers très puissants pour transformer une fin de carrière en transition sur-mesure.
1. Aménage les fins de carrière : retraite progressive et temps partiel par l’IDR
La transition vers la retraite doit cesser d’être un couperet brutal :
- La retraite progressive (dès 60 ans) : elle permet au salarié de réduire son temps de travail (entre 40 % et 80 %) tout en percevant une partie de sa retraite (source : Service-Public.fr). Attention au cadrage juridique : l’employeur dispose de 2 mois pour répondre à la demande du salarié. Tout refus doit être obligatoirement écrit et motivé par l’incompatibilité de la durée du travail demandée avec l’activité économique de l’entreprise (source : article L. 3123-4-1 du Code du travail).
- Le temps partiel financé par l’IDR : via accord collectif d’entreprise ou de branche, il est possible d’affecter une partie de l’Indemnité de Départ à la Retraite (IDR) pour compenser la perte de salaire liée au temps partiel. Tu lisses ainsi un coût que l’entreprise aurait de toute façon dû régler au départ du collaborateur, tout en conservant son expertise plus longtemps.
2. Organise la transmission : mentorat inversé et mécénat de compétences
Un senior qui part sans avoir transmis son savoir emporte des années de mémoire métier. Deux dispositifs permettent de valoriser son expérience :
- Le binômage et le mentorat inversé : le collaborateur expérimenté transmet l’expertise métier et la connaissance client, tandis que le profil plus junior l’acculture aux nouveaux outils digitaux et aux usages de l’IA.
- Le mécénat de compétences senior : propose aux collaborateurs de plus de 58 ans d’effectuer leurs 12 à 24 derniers mois d’activité en mise à disposition auprès d’une association d’intérêt général. Le salarié conserve 100 % de sa rémunération et valide ses droits retraite. Pour l’entreprise, ce dispositif ouvre droit à une réduction d’impôt sur les sociétés de 60 % du salaire brut chargé (source : article 238 bis du Code général des impôts).
Sur l’intergénérationnel comme levier de performance RH, écoute l’épisode du podcast avec Marlène Legay.
3. Continue de former après 50 ans et active le bilan de mi-carrière
L’accès à la formation chute souvent à partir de 50 ans, alors que l’employabilité en dépend directement. Pour éviter ce décrochage :
Mobilise les périodes de reconversion (Pro-A) : adossés aux financements OPCO, ces parcours permettent de former tes seniors à de nouvelles fonctions internes (formateur interne, tutorat, référent sécurité ou qualité), évitant ainsi la sortie sèche.
Active l’entretien des 45 ans : réaffirmé par l’article L. 6315-1 du Code du travail (source : Légifrance), cet entretien de mi-carrière permet de faire le point sur l’évolution des compétences, la prévention de la pénibilité et les souhaits de mobilité.
Sur ce sujet de fidélisation des seniors, je te conseille d’écouter cet épisode Réintégrer les seniors au coeur des politiques RH jusqu’à la retraite – Aymeric de Trogoff – Jubiliz et cet épisode Le management de transition : une solution à l’emploi des seniors – Yann-Etienne Le Gall – Valtus
Utilise l’entretien de parcours professionnel pour de vrai
L’entretien professionnel s’est modernisé pour devenir l’entretien de parcours professionnel (loi n° 2025-989, en vigueur depuis le 26 octobre 2025). Pour les salariés expérimentés, deux rendez-vous réglementaires deviennent le pivot stratégique de ta GEPP :
- Dans les deux mois suivant la visite médicale de mi-carrière (organisée par la médecine du travail autour des 45 ans du salarié, conformément à l’article L. 4624-2-2 du Code du travail).
- Dans les deux ans précédant le soixantième anniversaire (entre 58 et 60 ans) pour préparer l’aménagement de fin de carrière.
Attention au calendrier d’harmonisation : Si ton entreprise ou ta branche est couverte par un accord modifiant la périodicité des entretiens, cet accord doit être mis en conformité avec le nouveau cadre légal avant le 1er octobre 2026.
Sortir de la « case à cocher » : les 4 piliers de l’entretien réussi
Un entretien expédié en 15 minutes ne sert ni le manager, ni le collaborateur. Bien mené, c’est ton principal levier de rétention. Ta trame d’entretien doit s’articuler autour de quatre axes :
- Prévention de l’usure professionnelle : analyse de la pénibilité et adaptation de l’ergonomie du poste (à consigner dans le Passeport de prévention).
- Aménagement du temps de travail : étude des options de lissage de fin de carrière (temps partiel, retraite progressive, forfait jours réduit).
- Transmission et rôle d’expert : définition des projets de tutorat, de mentorat inversé ou de mécénat de compétences.
- Projet de formation : mise à niveau des compétences sur les nouveaux outils digitaux ou l’IA métier.
Le risque financier : le rappel de l’abondement sanction de 3 000 €
Au-delà de la démarche RH, le respect du calendrier de l’entretien professionnel et de l’état des lieux récapitulatif à 6 ans reste sous surveillance étroite. Dans les entreprises d’au moins 50 salariés, si le salarié n’a pas bénéficié de ses entretiens et d’au moins une formation non obligatoire, l’employeur doit verser un abondement correctif de 3 000 € sur le Compte Personnel de Formation (CPF) du collaborateur (source : article L. 6315-1 du Code du travail et Service-Public.fr).
Cadre légal 2026 : ce que change la loi et la réglementation sur l’emploi des seniors
La loi emploi seniors est issue de la loi n° 2025-989 du 24 octobre 2025 (source : Journal officiel du 25 octobre 2025 sur Légifrance). Elle transpose les accords nationaux interprofessionnels (ANI) relatifs au travail des salariés expérimentés. Retiens trois règles du jeu juridiques majeures pour la conformité de ton entreprise.
1. Négociation obligatoire et malus financier (entreprises de 300 salariés et plus)
Les entreprises et groupes d’au moins 300 salariés ont l’obligation de négocier sur l’emploi des salariés expérimentés tous les 4 ans (en présence d’un accord d’adaptation) ou tous les 3 ans à défaut.
- Le diagnostic préalable via la BDESE : Conforme au décret du 26 décembre 2025, cette négociation doit s’appuyer sur un diagnostic préalable intégrant les indicateurs de la BDESE (pyramide des âges, accès à la formation des plus de 50 ans, aménagements de postes et mobilités).
- La sanction financière : La loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS) a instauré une pénalité sous forme de malus sur les cotisations patronales vieillesse pour les entreprises défaillantes (absence d’accord ou de plan d’action annuel).
- Point de vigilance : Ce malus entre en vigueur le 1er janvier 2027 (article L. 241-3-3 du Code de la sécurité sociale). Un décret doit encore en fixer le taux exact et les critères. Au 13 septembre 2026, ce décret n’est pas encore paru, mais la date d’application, elle, est fixée.
2. Pas d’Index Senior : attention aux fausses obligations
Contrairement à une idée reçue tenace, il n’existe aucun « Index Senior » obligatoire en droit français. Censuré par le Conseil constitutionnel dès 2023 pour motif de cavalier social (Decision n° 2023-849 DC), cet indicateur n’a pas été réintroduit par la loi de 2025. Si un prestataire RH te vend un logiciel ou une prestation de conseil pour un « Index Senior légal », il s’agit d’un argument commercial infondé.
3. Des départs nettement plus chers : la hausse à 40 % de la contribution patronale
Séparer d’un collaborateur expérimenté pèse lourdement sur la masse salariale. La contribution patronale spécifique due sur les indemnités de rupture conventionnelle et de mise à la retraite à l’initiative de l’employeur s’élève désormais à 40 % (source : article L. 137-12 du Code de la sécurité sociale sur Légifrance).
Le calcul économique est immédiat : Avec une surtaxe patronale de 40 %, sortir un senior coûte cher. Financer un aménagement du temps (retraite progressive, temps partiel) devient mathématiquement plus rentable pour l’entreprise que de régler une indemnité de rupture lourdement taxée.
Pour décrypter les évolutions récentes de la jurisprudence et sécuriser tes pratiques RH, écoute l’épisode du podcast avec Héloïse Ayrault sur les décisions récentes du droit du travail.
Tableau comparatif : les dispositifs clés pour l’emploi des seniors
Synthèse opérationnelle du cadre réglementaire, des incitations et des outils d’aménagement de fin de carrière (à jour au 20 août 2026).
| Dispositif | Pour qui / quel intérêt | Échéance / statut (rentrée 2026) |
| Contrat de valorisation de l’expérience (CVE) | Demandeurs d’emploi de 60 ans+ (57 ans si accord de branche) à France Travail, sans taux plein. CDI sécurisé avec exonération de 40 % sur la contribution patronale de mise à la retraite. | Expérimentation jusqu’au 24 octobre 2030 (exonération fiscale valable jusqu’au 31 décembre 2028). Remplace le CDD senior. |
| Entretien de parcours professionnel | Tous les salariés. Remplace l’entretien professionnel classique. Deux rendez-vous stratégiques : post-visite médicale de mi-carrière (45 ans) et dans les 2 ans avant 60 ans. | En vigueur (loi n° 2025-989 du 24 octobre 2025). Accords d’entreprise/branche à mettre en conformité avant le 1er octobre 2026. |
| Négociation obligatoire GEPP / Seniors | Entreprises et groupes de 300 salariés et plus. Négociation tous les 3 ou 4 ans adossée à un diagnostic préalable obligatoire (données BDESE). | En vigueur (décret du 26 décembre 2025 sur le diagnostic préalable). |
| Retraite progressive | Salariés dès 60 ans. Travail à temps partiel (40 % à 80 %) + cumul avec une fraction de pension. Le refus de l’employeur doit être motivé par écrit sous 2 mois. | Âge légal fixé à 60 ans (décrets du 15 juillet 2025). |
| Malus seniors (LFSS 2026) | Entreprises de 300+ salariés sans accord d’entreprise ni plan d’action annuel. Pénalité financière sur les cotisations patronales vieillesse. | Entrée en vigueur au 1er janvier 2027 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025). Décret fixant le taux à paraître. |
| Période de reconversion (Pro-A) | Salariés en mobilité interne ou externe. Financement via l’OPCO avec cofinancement CPF possible sur accord du salarié. | En vigueur depuis le 1er janvier 2026. |
| Mécénat de compétences senior | Cadres et experts de 58 ans+. Mise à disposition d’une association d’intérêt général (12 à 24 mois). Maintien du salaire à 100 % + réduction d’impôt IS de 60 %. | Dispositif légal permanent (art. 238 bis du CGI) mobilisable sans délai. |
| Index Senior | Aurait imposé aux entreprises de 300+ salariés la publication d’indicateurs de maintien dans l’emploi des plus de 55 ans. | Inexistant. Censuré par le Conseil constitutionnel en 2023 et non réintroduit par la loi de 2025. Aucune obligation légale. |
Sources officielles et références réglementaires :
Textes de loi : Loi n° 2025-989 du 24 octobre 2025 relative à l’emploi des salariés expérimentés et Loi n° 2025-1403 de financement de la sécurité sociale pour 2026 (LFSS 2026).
Fiches pratiques et démarches : Cadre légal du Contrat de valorisation de l’expérience (CVE) sur Service-Public Entreprendre et Conditions de la retraite progressive sur Service-Public.fr.
Données statistiques : Études et publications d’impact Dares (2024) et Insee (2025-2026).
Rappel de conformité : vérifiez systématiquement la publication des décrets d’application manquants au Journal officiel avant la mise en œuvre de vos accords d’entreprise.
Marque employeur et GEPP : transformer la contrainte légale en avantage RH
La réglementation t’impose des obligations et te sanctionne si tu les ignores. Mais l’entreprise qui saisit le sujet des salariés expérimentés dépasse la simple conformité : elle bâtit un avantage concurrentiel durable.
1. Attractivité et Marque Employeur : le « test du miroir »
Une politique de gestion des âges crédible attire bien au-delà des seuls profils de plus de 50 ans. Lorsqu’un candidat trentenaire ou quarantenaire consulte tes offres ou échange avec tes équipes, la manière dont tu traites tes collaborateurs seniors sert de révélateur culturel. C’est la preuve par les faits que ton entreprise évalue la compétence réelle plutôt que le coût immédiat ou le diplôme d’origine.
Pour repositionner la gestion des âges au cœur des transformations de la fonction RH, consulte notre guide de veille des tendances RH 2026.
2. Rétention des savoirs critiques et ROI de la continuité
Chaque départ à la retraite non anticipé équivaut à une fuite de mémoire vive pour l’organisation. Organiser le tuilage, le mentorat ou la transmission progressive protège directement ta continuité opérationnelle et t’évite de coûteuses prestations d’urgence pour réapprendre ce que tes équipes maîtrisaient déjà.
3. Performance RSE et reporting extra-financier (CSRD)
La diversité intergénérationnelle s’inscrit désormais au cœur du volet social (piler S) de la directive européenne sur le reporting de durabilité (CSRD). Travailler sur le maintien dans l’emploi des plus de 55 ans alimente directement tes indicateurs de gouvernance sociale et valorise ta marque employeur auprès des partenaires et investisseurs.
4. Mixité intergénérationnelle et équité salariale
Les équipes mixtes en âge affichent une meilleure résilience face aux crises : l’enthousiasme et la maîtrise des nouveaux outils s’y combinent avec le recul et la gestion des risques des profils aguerris.
Cette équité de traitement rejoint directement un autre chantier prioritaire de la rentrée : l’équité et la transparence des rémunérations.
Pour aligner tes grilles salariales et anticiper les contraintes réglementaires, lis notre dossier complet sur la transparence salarialeet écoute l’épisode du podcast avec Sandrine Dorbes sur la préparation à la transparence des salaires.
FAQ : tout savoir sur l’emploi des seniors et la lutte contre l’âgisme
C’est la loi n° 2025-989 du 24 octobre 2025 (en vigueur depuis le 26 octobre 2025). Elle transpose les accords nationaux interprofessionnels (ANI) relatifs aux salariés expérimentés. Le texte crée le Contrat de Valorisation de l’Expérience (CVE), transforme l’entretien professionnel en entretien de parcours, fixe l’accès à la retraite progressive dès 60 ans et rend obligatoire la négociation GEPP/Seniors dans les entreprises d’au moins 300 salariés.
Oui. La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 (LFSS) a instauré un malus sur les cotisations patronales vieillesse à l’encontre des entreprises d’au moins 300 salariés n’ayant pas conclu d’accord ni adopté de plan d’action annuel. Ce malus entre en vigueur le 1er janvier 2027. Un décret doit encore fixer son taux exact, non paru au 13 septembre 2026.
Non. L’Index Senior a été définitivement censuré par le Conseil constitutionnel en 2023 pour motif de cavalier social (Décision n° 2023-849 DC) et n’a pas été réintroduit par la loi de 2025. Aucune obligation légale de mesurer ou de publier un « Index Senior » n’existe aujourd’hui en droit français.
C’est un CDI expérimental qui remplace le CDD senior (définitivement supprimé fin 2025). Il s’adresse aux demandeurs d’emploi de 60 ans et plus (57 ans avec accord de branche), inscrits à France Travail et sans retraite à taux plein. Il offre à l’employeur une exonération de 40 % sur la contribution patronale de mise à la retraite jusqu’au 31 décembre 2028 (source : Service-Public Entreprendre). L’expérimentation nationale court jusqu’au 24 octobre 2030.
Depuis les décrets du 15 juillet 2025, la retraite progressive est accessible dès 60 ans (source : Service-Public.fr). Ce dispositif permet d’exercer une activité à temps partiel (entre 40 % et 80 %) tout en percevant une fraction de sa retraite. L’employeur dispose d’un délai de 2 mois pour répondre à la demande du salarié et tout refus doit être obligatoirement motivé par écrit (article L. 3123-4-1 du Code du travail).
Les données arrêtées par la Dares et l’Insee montrent que si 77,8 % des 55-59 ans sont en emploi en France, ce chiffre chute à 42,4 % pour les 60-64 ans. Si une partie de cet écart s’explique par les départs en retraite, la France accuse un retard de 10 points par rapport à la moyenne de l’Union européenne (53,1 %). La faiblesse de la demande de travail des entreprises et la persistance des biais d’âge au recrutement expliquent la majorité de ce décrochage.
Supprime les marqueurs d’âge implicites dans tes offres d’emploi (type « jeune équipe »), évalue les candidats sur les compétences réelles via des mises en situation plutôt que sur le CV chronologique, forme tes managers aux biais d’âge et instaure le co-recrutement en binôme. La discrimination à l’embauche fondé sur l’âge est strictement interdite par l’article L. 1132-1 du Code du travail.
Prévu à l’article L. 6315-1 du Code du travail, l’entretien professionnel de mi-carrière (qui suit le 45e anniversaire du salarié) alimente le bilan récapitulatif des 6 ans. Dans les entreprises d’au moins 50 salariés, si le collaborateur n’a pas bénéficié de ses entretiens réguliers et d’au moins une formation non obligatoire, l’employeur est tenu de verser un abondement sanction de 3 000 € sur le Compte Personnel de Formation (CPF) du salarié (source : Service-Public.fr).
Plan d’action DRH : 7 leviers concrets à activer cette semaine
La loi a posé le cadre et les contraintes financières se durcissent : hausse à 40 % des cotisations patronales sur les ruptures, malus vieillesse à venir et sanctions CPF sur les entretiens professionnels oubliés.
Pourtant, ce qui bloque encore l’emploi des seniors, ce ne sont pas les textes juridiques : c’est le réflexe du tri automatique sur le CV. Tu disposes désormais de 7 leviers très concrets pour faire sauter ce verrou :
Volet Recrutement & Sourcing :
- Réécris tes annonces d’emploi : élimine tout vocabulaire stéréotypé (« jeune équipe ») et affiche une fourchette de salaire claire.
- Recrute aux compétences : déplace le filtre du CV chronologique vers des mises en situation réelles ou la Méthode de Recrutement par Simulation (MRS).
- Active le Contrat de Valorisation de l’Expérience (CVE) : mobilisez ce CDI senior qui offre 40 % d’exonération sur l’indemnité de mise à la retraite.
- Forme tes managers aux biais d’âge : instaure le co-recrutement en binôme intergénérationnel pour neutraliser le « réflexe pile ».
Volet Rétention & Fin de carrière :
- Aménage les fins de carrière : déploie la retraite progressive dès 60 ans ou le temps partiel de fin de carrière adossé à l’IDR.
- Organise la transmission : lance le mentorat inversé ou le mécénat de compétences senior (ouvert aux cadres de 58 ans+ avec déduction d’impôt de 60 %).
- Exploite l’entretien de parcours professionnel : utilise le bilan des 45 ans pour bâtir la seconde partie de carrière et éviter l’abondement sanction de 3 000 €.
Feuille de route pour vendredi : ne cherche pas à tout transformer le même jour. Choisis une seule action dans cette liste et lance-la avant la fin de la semaine.
Pour approfondir le sujet, déconstruire les stéréotypes d’âge et passer concrètement du discours à l’action, écoute l’épisode du podcast avec Maxime Bontemps sur l’emploi des seniors. 🎧
Ressources officielles et sources réglementaires
Pour consulter les textes originaux, suivre la parution des décrets et alimenter tes synthèses juridiques internes :
- 📄 Fiche pratique officielle du Contrat de Valorisation de l’Expérience (CVE) sur Service-Public Entreprendre
- ⚖️ Texte intégral de la loi n° 2025-989 du 24 octobre 2025 relative à l’emploi des salariés expérimentés sur Légifrance
- 💼 Décryptage des démarches RH et droits des salariés seniors sur Service-Public.fr
- 🎯 Guide et services de recrutement de candidats seniors sur France Travail
- 📊 Études, analyses et tableau de bord trimestriel des seniors sur le marché du travail par la Dares
- 🏥 Rapports et orientations sur l’emploi des 55-64 ans par la Sécurité sociale
Pour aller plus loin et bousculer tes pratiques RH
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